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Wriggles
 

par Pierre Derensy (23/06/03)

 
Extrait en musique

 

 
Article par I-Muzzik

 

Tout est comique grinçant chez les Wriggles. Un mélange d’Auguste et de Pierrot, d’Arlequin et de Colombine. Ces cinq trublions de la chanson à voix, textualisent leur univers sur un disque « Ah Bah Ouais Mais Bon » et ressortent leurs panoplies de saltimbanques pour une série de concerts toujours pleins à craquer.

Je voulais savoir si le nez rouge, c’était pour faire passer la GROSSE pilule des propos sur l’album ?
Pas uniquement.
Et le fait que le clown se morde les doigts, c’est pour faire ressentir la douleur ?
Oui, on peut le voir comme ça.
C’est votre premier album de sous un gros label, qu’est ce qui change ?
Au niveau des opus on est beaucoup plus dans le marché. C’est également pas les mêmes conditions de travail, ça permet de travailler un peu plus dans le calme. Ca change parfois certains lieux pour les concerts. On se tape beaucoup plus de salles rocks, salles qu’on faisait beaucoup moins avant. Avant on avait des gens assis, tranquilles, calmes, sans bière, sans pétards, alors que maintenant y’en a ! (rires…)
Faire un album studio pour un groupe de scène, c’est pas trop difficile ?
Non, mais ça amène à se poser pas mal de questions. On avait eu l’occasion de le faire pour notre premier album, sauf que notre premier album on avait déjà un univers sur scène après on s’était débrouiller pour le re-créer sur l’album. Pour « Ha ouais mais bon » c’est différent, il n’est pas destiné à la scène. Je pense qu’on s’en est à peu près sorti. On s’est dit « on le fait et ne cherchons pas le rapport avec la scène ». On s’est tenu au codes, à l’unique guitare et on s’est dit on fait un album de musique.
Vous avez gardé un aspect direct lors de l’enregistrement de l’album en ne faisant qu’une seule prise des chansons ?
Oui c’est ça. Les voix et guitares, on les a prises toutes ensemble avec deux micros d’ambiance et puis un micro guitare et chacun un pour les voix, avec à la fois deux prises différentes, c’est à dire une prise d’ambiance et une prise personne par personne mais dans la même pièce, sachant que ça pisse les uns sur les autres, mais voilà, c’était pour chanter les chansons du début à la fin. On a monté les arrangements dessus, en partant de l’énergie de base qu’on a de chanter ensemble, en utilisant notre propre rythmique. Déjà tu nous fous devant un métronome, on a du mal et en plus ça casse certaines chansons ; y’a certaines chansons qu’on a enregistrées au feeling. On a eu beau faire, on a eu beau bosser assez longtemps, elles n’avaient pas le même jus à l’intérieur. On a parfois des tempos qui fluctuent vachement, il fallait garder cette énergie, cette façon de mouvementer la musique qui nous va bien, ça gardait un côté vivant.
Votre chanson « Ah Bah Ouais Mais Bon » c’est pour expliquer que naître libre et égaux en droit c’est du pipeau à l’heure actuelle ?
Je pense que y’a pas besoin de nous pour le savoir (rires). En fait c’est parti d’un réel constat. Cette phrase « ah bhen oui mais bon » il suffit d’écouter, à la CAF, les ASSEDIC parfois même le 12, cette phrase a fini par nous venir en bouche et puis sur cette petit expression on a eu l’idée d’une chanson. C’est dingue ce que la société peut te répondre « ah bhen oui mais bon ».
Y’a de ça ou alors « c’est un problème informatique »
Oui heureusement qu’il y a l’informatique également !

Plusieurs de vos chansons parlent de l’inéluctabilité de nos destins mais en même temps il y a toujours une révolution des choses inexorables chez les Wriggles ? ( par ex. la petite julie)
Quand on aborde certains sujets, parfois on parle de dénonciation ou d’engagement mais c’est juste pour les dire en fait. On dit des trucs et on laisse chacun faire son chemin avec. C’est aussi un espoir. Un truc vivant qui va tenir les gens un moment au moins. Une grande bouffé d’espoir !

Passer de « Juste avant que je » à un « Full cash » pour aller sur un « Funcky Bandits » c’est un vrais mélange de genre, n’avez vous pas peur de perdre de votre impact en vous dispersant dans tant de musiques différentes ?
Non car on a toujours fait ça. Jusqu’ici cela ne nous a jamais desservis. Vu qu’on était cinq chant et une guitare on a toujours cherché à faire des styles musicaux différents. En fait au début c’est venu naturellement et comme on trouvait ça génial on a continué avec cet objectif de faire des trucs dans un genre distinct. Y a des genres qu’on a revisité… mais on en a encore à aller explorer, des petits projets bien trash !

A force de chanter nos petits travers, y a jamais personne qui vous a demandé pour qui vous vous preniez ?
Il me semble pas. On nous reproche parfois certaines choses qui sont jugés scandaleuses ou déplacé. Par exemple, certaines personnes disent que rire du petit Gregory c’est pas drôle. C’est tout un débat. En même temps, est ce que ces fameuses personnes qui s’offusquent qu’on puisse rire du petit Gregory s’offusquent de la faim dans le monde ? On parle de 1961 et personne ne nous pose de question sur cette phrase qui se trouve dans la même chanson !

Donc, Pourquoi à votre avis ?
Pourquoi on parle de 61 et de Brahim dans « Plouf » ? C’est juste le truc de se dire que ce serait bien qu’on l’oublie pas. Et même si cela ne procure pas un punch de rire extraordinaire ça crée une interrogation pour ceux qui savent pas. Et l’espoir que dans un groupe de quatre personnes si l’un ne sait pas, il sera mis au courant par les autres. Que cela se diffuse. On est pas toujours à l’affût de ce qu’il faut savoir.

La théâtralité de vos spectacles nécessites beaucoup de répétition je présume, comment travaillez vous pour préparer la scène ?
C’est beaucoup de travail certes mais à la base nous avons tous fait une école de comédien. C’est notre métier de base et la musique est venue après comme ça. On écrit d’abord les chansons, soit séparément soit en groupe c’est selon. Quand elles nous plaisent chanté on commence le travail de la mise en scène.

Vous vous êtes retrouvé en compagnie de nombreux groupes rock pour mobiliser contre l’intervention en Irak lors d’un rassemblement au Zénith. C’était à votre avis un acte désespéré ou sentiez vous un réel espoir ?
Je pense que si tu poses la question à chacun d’entre nous tu aurais une réponse différente ! Déjà en y allant j’avais des doutes sur l’efficacité de la chose, on a accepté quand même pour l’idée et pour voir comment s’était le zénith (rire). C’est pas une salle qu’on ferait d’une façon spontanée. C’est ça plus d’autres choses, plus d’autres choses qui font qu’on a un minimum de conscience que dans quelques pays en Europe il a une réticence aux méthode de politique international utilisé par le gouvernement américain. Je diras pas coup d’épée dans l’eau… mais pas loin. Un coup de katana en fait.

Le meilleur catalyseur pour attirer les gens vers les Wriggles c’est un bon concert qui amène vers votre album ou un bon album qui amène vers votre spectacle ?
Ho là là, je dirais que ça s’est fait beaucoup plus jusqu’ici grâce à la scène. J’espère que le directeur de ma maison de disque ne lira jamais ça (rire). Y a même des gens qui achetaient le disque d’abord et qui venaient pas sur scène alors qu’inversement les gens qui venaient sur scène achetaient le disque après et l’on avait jamais aucun problème de retour de marchandise (rire). Jamais eu de retour, jamais de plainte au service client.
L’inverse est possible. Ce que nous voulons c’est que les gens ne se forgent pas de réticence sur les apriories que peut dégager ce qu’on fait.

« On se la pête grave grave grave » qui parle de la réussite d’un groupe, c’est pour préparer l’avenir du groupe ?
Cela voudrait dire qu’on prépare cela depuis au moins deux ans (rire)

Vous avez peut être des ambitions sur le long terme ?
Ca nous est venu à un moment ou on commençait à avoir bêtement ce genre de retour. Mais pas du tout parce qu’on évoluait vers ce milieu qu’on décrit mais c’est parce qu’on était passé à un autre niveau. On voulait attaquer le concert avec cette chanson mais on s’est dit ça suffit, on la laissera en rappel.

Si demain je vous propose une exposition médiatique féroce avec comme point culminant uen émission spéciale Wriggles présenté par Michel Drucker ou un bon concert dans un théâtre municipal vous choisissez quoi ?
Drucker on l’a déjà fait et on est pas super branché d’y retourner… on est toujours réticent vis à vis de la télé et ceci dit c’est un peu la problématique dans laquelle on est actuellement. T’auras la réponse dans un an.

Avoir des petits coups de pouce dans Charlie-Hebdo ça doit faire chaud au cœur ?
C’est super agréable, ça fait super plaisir. C’est une super rencontre.

1 guitare pour 5, pensez vous en acheter une seconde avec le succès grandissant ?
T’auras la réponse dans 6 mois, un an également ! on y pense en fait. Notamment à chaque fois qu’on fait un album en studio. On est pas contre mais il faut pas non plus sacrifier notre faculté à créer pour le remplacer par du matos. Il n’est parfois pas nécessaire de rajouter des choses.

Dernière question : Pourquoi les Wriggles sont toujours en rouge ?
Parce que les costumes qui étaient pas cher qu’on avait trouvé au début ils étaient rouge. Pis ca allait bien avec le rouge des fauteuils !

Pierre DERENSY