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The Besnard Lakes (2010)
 

par David Le Croller & Adrien Lozachmeur (16/04/10)

 
Extrait en musique

 

 
Article par I-Muzzik

 

Les guitares s'avancent en lentes et massives vagues, les voix mâles et femelles sont stratosphériques ou s'aventurent en choeurs façon Beach Boys. L'atmosphère est mi-tellurique mi-spatiale, avec des moments de délicatesse précieuse. Le troisième album des Montréalais Besnard Lakes va plus loin. L'esprit de Pink Floyd, de Spiritualized et de My Bloody Valentine baigne un disque qui confirme l'insolente santé de la scène montréalaise. Nous retrouvons le groupe en interview.

Vous n'êtes pas encore très connu du grand public, d'où venez-vous, où avez-vous grandi ?

Aucun de nous n'a grandi à Montreal, nous sommes tous originaires de différentes parties du Canada. Jace est de Saskatchewan, moi (Olga) vient de Colombie Britannique et Rich vient de l'Ontario tout comme Kevin.

Comme beaucoup d'autres groupes du Québec, vous avez choisi de chanter en anglais. Connaissant la fierté du peuple québecois pour sa langue française, comment réagit le public là bas ?

En fait, globalement les gens ne sont pas si sectaires. Montreal est par exemple une ville entièrement bilingue, les gens te comprennent lorsque tu t'exprimes en anglais. D'un autre côté, on ne peut nier qu'ici la langue est une affaire politique et que bien souvent elle sert à se démarquer, à afficher son indépendance au voisin anglophone. Pour nous, les mots sont secondaires, ce qui prime c'est clairement notre musique.

Cela fait quelques années que les groupes de Montréal s'exposent sur le devant de la scène. Comment expliquer ce phénomène ?

Je pense que cela s'explique par le fait qu'autour des années 2000, les loyers à Montreal étaient extrêmement bas. Les étudiants bougeaient facilement dans la City pour construire leur vie. Ca a crée une belle effervescence de jeunesse et de création...

Dans les magazines, on lit souvent que votre musique est influencée par le bruit shoegazing (My Bloody Valentine) ou les harmonies des Beach Boys. Vos voix nous font penser à Low et les ambiances rêveuses puisent dans les même sources que des formations comme Sigur Ros. Ces similitudes sont-elles conscientes chez vous ?

Non pas du tout. Je pense que justement ces influences sont si profondément ancrées chez nous qu'il est difficile d'en avoir conscience. Effectivement nous sommes des fans de shoegazing et des harmonies vocales de groupes comme les Beach Boys ou encore les Bee Gees.

Ce qui vous rend passionnant, c'est cette habilité à mixer les airs ethérés aux parties puissamment rocks. Cela marche parfaitement. Comment composez vous ?

Nous écrivons nos morceaux par section. Pour commencer, nous créeons par exemple un choeur ou une section planante, puis nous la laissons de côté pour un temps. Chacune de ses sections est comme une pièce d'un puzzle que nous cherchons à chaque fois de recréer. Une fois la structure définie, nous piochons donc dans ces "extraits" d'ambiance pour donner vie au morceau. Cette technique prend du temps, nous pouvons nous le permettre car nous possédons notre propre studio d'enregistrement, c'est une chance !

Vos morceaux sont-ils plus le fruit d'une construction complexe plus qu'une simple réponse à un émotion vécue ?

Effectivement. Les morceaux sont travaillées en studio à l'extrême. Les paroles sont la dernière touche que l'on apporte.

Y-a-t-il un lien entre votre musique et le style de vie canadien ? Cette impression d'espace qui émane de vos compositions et les grands espaces américaines. Une vision vers l'infini.

Oui cela peu jouer pour nous permettre de créer ces ambiances atmosphériques que l'on affectionne et qui prennent le temps de s'épanouir sur l'immensité.

Il y a une part de spiritualité dans votre musique. Pour utiliser les mots de William Blake, c'est un peu le mariage du paradis et des enfers. Vos chansons sont comme cela, à la fois anges et diable. Considérez-vous que l'art se rapproche en cela du sacré ?

Tout art est nécessaire. Cela aide la culture à progresser. Le public nous importe peu, nous pourrions faire des disques même si personne ne les écoutait. Nous le faisons pour nous et pour l'essence de l'art.

Comment est la vie au Canada ? Nous avons une image assez idéalisée de votre pays, qu'en est-il vraiment ?

La vie à Montréal est calme et sans stress. Bien sûr comme partout, nous avons des problèmes, des meurtres, des bagarres, la pollution...A ce sujet, notre gouvernement est fortement influencé par les USA, nous sommes donc toujours l'un des plus gros pollueur de la planète, sans parler des forages de pétrole qui commencent à s'implanter dans les sables d'Alberta et qui détrusient littérallement notre grand nord sauvage...

Les médias français saluent le rock de Montreal : Godspeed, Arcade Fire, Besnard Lakes. Mais dans un autre registre, ils n'oubleint jamais de parler de Céline Dion !! Accepteriez vous un duo avec elle ?

Pourquoi pas si on nous laissait faire avec elle une reprise d'AC/DC....