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Raw Power
 

Fiche technique

Groupe : Iggy pop

Producteur : Non disponible

Distribution : Sony

Année : 2010

Genre : Rock

Autres albums : Beat'em up | Skull ring |  

 

Chronique i-muzzik.net ( Adrien Lozachmeur )

 

Raw Power est réédité dans une version 3 CD gorgée d'inédits. Il n'en faut pas moins pour honorer un des plus grands chefs d'oeuvre de l'histoire du rock! Cet album est tout simplement indispensable. C'est le dernier de la trilogie stoogienne. Quelques années le séparent de Fun House sorti en 1970. Les fans des Stooges hésitent toujours pour dire quel est le meilleur album entre "Raw Power" et "Fun House". En fait, il est impossible de trancher parce qu'ils sont tous les deux extraordinaires. Ils ne se ressemblent pas vraiment. "Fun House" a un son monolithique, animal. C'est une transe incroyable où se fond un Iggy déchaîné. La rythmique des frères Asheton est répétitive et hypnotique. On retrouve là-dedans l'esprit du free jazz. Il faut dire que des musiciens comme Pharoah Sanders ont été des influences déterminantes pour les Stooges. "Raw Power" est tout aussi violent et excitant mais le son de guitare de James Williamson est virevoltant, créatif. Ses solos inégalables provoquent chez l'auditeur des spasmes de jouissance. Il est possible que le terme de "Heavy Metal" ait été inventé à cette occasion, mais l'étiquette est aujourd'hui tellement connotée (et pas vraiment pour le meilleur) qu'il vaut mieux la laisser de côté. 3 ans séparent ces deux momunents. Au début des années 70, Iggy Pop va mal. La dope le ronge. Sa psyché est en vrac. L'étoile Bowie est alors au firmament. Le vampire a su reprendre les idées de ses devanciers pour révolutionner la pop. Contrairement à eux, il a du succès. Ziggy Stardust a fait de lui une star planétaire. Mais il n'oublie pas ses idoles. Après avoir remis en selle Lou Reed avec le classique "Transformer", il décide de prendre l'iguane en main. Et comme souvent, le résultat avec Raw Power s'avère stupéfiant. La version proposée ici est la version originale produite par Bowie. Le résultat n'a jamais totalement convaincu Iggy, il a même essayé de sortir sa propre vision de ce que devait être l'album. Il est vrai que la production de Bowie peu sembler un peu sèche. Comme si le son avait été comprimé. C'est discutable et surtout c'est un détail parce qu'il y a la musique. Raw Power ne contient que des classiques. Ce disque incarne pour moi la pulsion vitale. C'est la traduction littérale et musicale du feu puissant qui nous pousse et nous dévore. A l'écoute de "Search And Destroy", "Gimme Danger", "Raw Power " et toutes les autres tueries de ce disque, on a envie de sauter, de hurler, et on se sent un peu le maître du monde. C'est une violence jouissive. Iggy chante mieux que jamais le sexe, la violence, la fureur, le désespoir, la vie. "I'm a runaway son of a nuclear A-Bomb"! Il se cabre, réclame de l'aide. Il veut sauver son âme. Sur "Gimme Danger", le voilà crooner de l'enfer. "Kiss me like the ocean breeze". On devient dingue quand on entend ça! Sa voix, son attitude, tiennent de la sorcellerie. Ca représente 34 minutes de bonheur. "Death Trip", "Your pretty Face is going to hell", "Penetration" (utilisé par un Patrice Chérau inspiré dans "Initimité") ou encore le très rockabilly "Shake Appeal" : on est pas mal à connaître tout ça par coeur. Et derrière : James Williamson, un tueur sublime. J'ai évoqué plus haut ses riffs acides. Il n'est pas au service de l'iguane, sur ce disque, il est son alter ego et son rival. Ces 2 la jouent au chat et à la souris, c'est à celui qui atteindra le plus rapidement le 7ème ciel. Sa maîtrise technique est exceptionnelle. Ca va vite. En même temps le son est crade et donc invroyablement vivant. On n'est pas chez Steve Vai. On n'avait jamais entendu ça avant et on n'entendra plus jamais ça après. En tout cas je suis incapable de sonner un autre disque qui sonne comme ça. Il ne faut pas oublier les frères Asheton! Scott à la batterie, Ron à la basse. On pourrait croire que ce dernier avait mal pris le fait de se retouver relégué à l'ombre de Williamson, mais il semblerait qu'il était déjà tout content d'avoir l'opportunité de travailler sur un album de plus. Raw Power n'a pas eu de succès à l'époque. L'histoire a réparé les torts. Les grands critiques rock (Lester Bangs le premier) ont pas mal contribué à la prise de conscience qui petit à petit a permis à l'album de gagner de plus en plus de fans. C'est une oeuvre qui traverse le temps. Raw Power a été le chant du cygne des Stooges. Williamson et Iggy Pop étaient aussi frères dans la défonce. Iggy, décidément indestructible en est encore ressorti à la fin des années 70 avec l'aide de Bowie. Depuis le Nijinski du rock continue à déhancher son corps reptilien sur les plus grandes scènes du monde. On pourrait croire que Williamson a fini par avoir une overdose et qu'on a retrouvé son cadavre flottant dans les égouts de Los Angeles. La réalité est bien différente. Ce mec aimait la technologie et est devenu un des pontes des nouvelles technologies dans la Silicon Valley. Ces dernières années, les Stooges se sont reformés avec les frères Asheton et ont joué un peu partout les 2 premiers albums. Ron Asheton est décédé il y a quelques mois. Mais Iggy ne perd pas le Nord. Il faut surfer sur le succès enfin acquis. Le groupe est rentré au Rock'N Roll Hall Of Fame. L'iguane a rappelé James Williamson! A partir d'avril leur tournée les amènera par chez nous avec en point d'orgue l'Olympia en juillet. On devrait donc avoir le droit aux morceaux de Raw Power sur scène. Ca sera certainement bien, même si ça me paraît difficile de retrouver cette grâce originale qui par essence ne se produit qu'en de rares occasions. Parlons un peu des inédits. On a d'abord le droit à un live de 1973 à Atlanta. La musique tient du pandémonium. ça reste sauvage (et plutôt brouillon). Le son est très bon, on ne s'est pas foutu de notre gueule. En somme ça représente un bon témoignage de ce que pouvaient donner les stooges sur scène, même si on était déjà pas mal servi avec le live "Metallic Ko" (où on entend le fracas des canettes balancées par des hell's Angels auparavant traités de tapettes par un Iggy suicidaire) ou les images du festival de Cincinatti. Mais bon, comment bouder ces versions étirées. Chaque morceau dure entre 7 et 10 minutes! Et puis il y a "Open Up And Bleed" : LE classique oublié des albums. Un morceau qui m'a filé chair de poule la première fois que je l'ai écouté. C'était un samedi après-midi. Là on a le droit à une version de 10minutes 19 secondes. Un souffle dans un harmonica, et cette introduction inoubliable. Et le titre déroule lascivement ses circonvolutions. Ce deuxième CD contient 2 bonus. Je ne connaissais pas "Doojiman". Ce titre est le comble de la sauvagerie. C'est aussi crétin que les Ooob Baaab Dooola" de Little Richard. Il s'agit d'une suite d'onomatopées qu'on croirait déclamées par un homme des cavernes. On touche là à l'essence même du rock'n roll : le retour à cet instinct animal étouffé sous le poids des règles sociales. Quant à la version studio de "Head On", tout fan qui se respecte la connaît déjà. Ah ce piano fou! On n'avait pas entendu ça depuis Jerry Lee Lewis. Le 3ème CD contient des démos, des raretés et des prises alternatives. Ce work in progress est passionnant. On y trouve des premières versions des titres de Raw Power. Ainsi "I'm hungry" correspond à un brouillon speedé de "Gimme Danger". Le titre n'est pas encore figé, les paroles sont totalement différentes. Le son est très chaud, très puissant. On ne trouve pas là la sécheresse du mix de Raw Power par Bowie. On retrouve un peu plus loin le mix d'Iggy de "Gimme Danger" avec un peu de cette chaleur qui faisait défaut. C'est pas mal du tout. L'inconvénient de ce son, c'est qu'il peut sembler un peu trop gras par comparaison. Tout dépend du point de vue. Il y a pas mal de très bonnes choses sur ce CD. On retrouve des morceaux écartés qui valent leur pesant de cacahuètes. "I Got A Right" sonnait-il trop classique pour ne pas avoir été retenu? Il a pourtant fière allure. Le solo de Williamson déchire tout, et Iggy éructe comme jamais. "I'm sick Of You" est un morceau calme, on dirait un "Gimme Danger" psyché. Comme si le LSD avait remplacé l'héroïne. On croirait que ça vient d'un groupe de San Fransisco. C'est du bon. Et ça continue. Suivent "Hey Peter" (une découverte : superbe), des versions de "Raw Power" et "Search And Destroy" pour des singles japonais, des versions alternatives de "Shake Appeal", "Death Trip", et outre "Gimme Danger", la version Iggy de "Your Pretty Face Is Going To Hell".

 
Extrait de l'album
 

 

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